Cet article est une fanfiction sur le personnage de Signora dans Genshin Impact!
« Un regard brûlant de haine et un cœur de glace, voilà ce qu’elle était devenue. Mais comment la Onzième Exécutrice des Fatui, anciennement connue comme la Sorcière des Flammes Ardentes, est-elle passée de jeune femme insouciante à cruelle dominatrice? »
SplashNoodle nous narre l’histoire tragique de Rosalyne dans un conte où la joie cède la place à la douleur…
Prologue
Tandis que sa proie se consumait lentement, elle observait le paysage. La neige, d’un blanc éclatant, éblouissait ses yeux. Ça et là, elle pouvait apercevoir les traces laissées par les animaux ayant fui le champ de bataille. Elle ne ressentait pas le froid mordant de l’hiver environnant. Il y avait bien longtemps qu’elle avait oublié la sensation de l’air glacé sur sa peau.
Rabaissant son chapeau, elle se fit la remarque que ce n’était pas la seule chose qu’elle avait oublié. Elle avait en effet remarqué que, depuis quelques années, se remémorer son passé devenait plus difficile. Certes, elle se souvenait de ses motivations initiales, mais celles-ci devenaient de plus en plus vaporeuses avec le temps.
Pire encore, elle peinait à se rappeler le sentiment qui la liait autrefois à Rostam. Rostam… Ce nom avait jadis tant signifié pour elle.
Et pourtant la seule chose qu’elle savait aujourd’hui était qu’elle avait juré de venger sa mort.
Il y avait cependant un autre nom dont elle se souvenait parfaitement.
Car elle l’avait maintes fois entendu pendant ces années à purger le monde. Un nom maudit, qu’elle abhorrait de toute son âme. Barbatos. Tandis que ce patronyme lui revenait, une intense haine s’empara d’elle. Si elle avait promis de venger la mémoire de Rostam, elle s’était fait le serment de faire payer celui qui, il y a tant d’années, était encore l’objet de sa pieuse adoration.
Elle tenait l’Archon pour responsable de la mort de Rostam, bien qu’elle avait depuis longtemps perdu le souvenir des détails ayant mené à cette sinistre conclusion. Dans un soudain accès de rage, elle produisit des flammes si ardentes qu’elle en calcina les herbes situées sous ses pieds.
Herbes qui il y a encore quelques instants étaient recouvertes d’un épais manteau de flocons laiteux.
Son ire enfin calmée, elle se mit à réfléchir. Ses problèmes de mémoire n’étaient pas du registre de l’habituel. S’il s’agissait de simples oublis, elle ne s’en inquiéterait pas le moins du monde, mais elle savait que ce n’était pas ça. Non, c’était plus profond, plus… brûlant. Comme si le feu qui coulait dans ses veines emportait ses souvenirs et les réduisait à de pathétiques braises.
Parallèlement à la combustion de ces vestiges de sa vie passée, elle avait constaté que ses flammes devenaient de plus en plus puissantes.
Et elle craignait qu’elles ne finissent par l’emporter elle aussi un jour.
« Comme je te l’ai dit, nous avons les moyens de t’aider. La Tsaritsa a les moyens de t’aider. Notre offre tient toujours. »
La voix qui venait de retentir la sortit de sa rêverie. Elle avait déjà entendu cette voix, dans d’autres lieux et d’autres circonstances. Elle se retourna pour découvrir son interlocuteur. Il s’agissait bien évidemment de l’homme qui la poursuivait depuis quelques temps déjà, aussi n’était elle pas surprise de le trouver là. Après tout, les Fatui la surveillaient depuis un long moment.
Ballade au pays des vents
« Rosalyne ! Rosalyne !
Elle se retourna à l’appel de son nom. Sa mère accourait vers elle, un petit paquet dans les mains.
— Rosalyne ! Tu ne vas quand même pas partir sans me dire au revoir ! Et en plus, tu auras besoin de forces pour la route…
— Maman, la ville n’est pas si loin que ça et en plus, je t’ai déjà dit au revoir. Trois fois. » dit-elle, un petit sourire se dessinant sur ses lèvres. Sa mère avait toujours été très protectrice envers elle, sa seule enfant, et la voir s’éloigner devait être un moment particulièrement difficile.
« Trois fois, ce n’est pas assez ! décréta sa génitrice, l’air boudeur et les yeux embués de larmes.
— Je te reconnais bien là, ma petite maman. Tu as toujours eu du mal à me quitter des yeux, répondit-elle, des larmes se formant aussi sous ses yeux bleus. Mais on en a déjà discuté des dizaines de fois, et tu sais qu’il n’y a pas de meilleure solution si je veux réussir mon concours. C’est mon rêve depuis toute petite ! Et puis je t’ai promis de t’écrire toutes les semaines !
— Tous les jours ! » supplia sa mère dans un sanglot.
Rosalyne éclata d’un petit rire cristallin, quelques gouttes roulant le long de ses joues. Elle prit le paquet des mains de sa mère, l’enlaça une dernière fois, et se mit enfin en route vers Mondstadt.
Le Conte des Flammes écarlates – Prologue – Fanfiction sur Signora de Genshin Impact
Lorsque Rosalyne arriva devant la ville, elle se fit la réflexion que malgré les imposantes murailles entourant la cité, celle-ci semblait s’élancer vers le ciel, comme une ôde à la liberté. Ce n’était pas la cité de Barbatos, Archon de l’élément Anemo, sans raison. La jeune femme était assez impressionnée par l’enchevêtrement à la fois simple et complexe des maisons qui ceignaient les rues.
Et ne manqua pas de regarder les étals des différents marchands de la rue principale. Mieux valait repérer immédiatement les commerces qui feraient sous peu partie de son quotidien.
Après s’être perdue dans le dédale des ruelles de la cité et avoir demandé son chemin à un passant, Rosalyne trouva enfin la maison où elle résiderait le temps de ses examens. Elle y avait loué une petite chambre.
Et la propriétaire – une femme forte du nom d’Alma – lui avait fait une très bonne impression. La pièce était meublée d’un lit en bouleau, d’un bureau en exquisetier et d’une armoire d’un bois qu’elle ne parvenait pas à identifier. Les murs, peints d’un vert pâle, étaient décorés d’une sympathique fresque florale. L’ensemble, bien que dépareillé, plût immédiatement à la jeune femme. Elle venait seulement d’arriver, mais se sentait déjà chez elle.
Ses affaires proprement rangées, Rosalyne décida de découvrir un peu plus la ville. Elle devait en effet localiser les quartiers de l’Ordre de Favonius, puisque la bibliothèque où elle passerait la majorité de son temps s’y trouvait. Elle souhaitait aussi se rendre à la cathédrale, que l’on disait magnifique.
Et elle ne pouvait absolument pas manquer l’occasion de s’émerveiller devant la statue de Barbatos.
Après être passée devant la forge, Rosalyne se dirigea vers la place principale, située un peu plus en hauteur. Puis, tournant à gauche après avoir passé le Bon Chasseur (le meilleur restaurant de la ville si elle en croyait les conversations qu’elle avait perçu en se promenant), elle gravit les marches qui l’emmenèrent au deuxième étage de la ville.
En effet, la capitale des vents était conçue d’une telle sorte que l’on pouvait distinguer quatre niveaux distincts dans sa conception. Le premier était le plus habité, et abritait la majorité des commerces de la ville ; le second, plus discret, servait principalement de zone de passage, bien qu’il y eût quelques habitations ; le troisième donnait sur une petite place où l’on pouvait trouver un hôtel (souvent, les diplomates étrangers y étaient hébergés), et était relié au dernier niveau par un large escalier. Le dernier niveau était le plus élevé et était lui-même divisé en deux parties.
Dans la partie inférieure se trouvaient le Quartier Général de l’Ordre de Favonius.
Et la partie supérieure menait enfin vers la cathédrale et l’immense place de la statue.
Cette conception était due à la géographie même de la région de Mondstadt : en effet, le pays était constellé de falaises, et la ville avait été construite sur l’une d’elle. Entourée d’eau, la ville bénéficiait donc du relief escarpé et de son insularité comme défenses naturelles.
Auxquelles s’ajoutaient les imposantes murailles qui la ceignaient.
Alors que la jeune femme gravissait les marches menant au dernier niveau de la ville, elle fut brusquement bousculée par un jeune homme qui, pressé et sans doute perdu dans ses pensées, ne l’avait pas vu. Elle manqua de chuter, mais le choc ayant sans doute sorti l’indélicat personnage de sa rêverie, celui-ci la rattrapa de justesse.
« Pardonnez-moi mademoiselle ! Je ne vous ai pas blessé j’espère ?
— Je ne crois pas, répondit une Rosalyne confuse. Tout au plus un peu sonnée je crois…
— Je suis vraiment navré de vous être rentré dedans si violemment… Peut-être puis-je vous aider, pour me faire pardonner ? demanda le jeune homme, visiblement inquiet.
— Et bien… peut-être que oui, en effet. Sauriez-vous me dire à qui je dois m’adresser pour emprunter des livres à la bibliothèque ?
— Demandez Otto. Il est un peu grincheux, mais il a bon fond et tient vraiment à ses ouvrages comme à la prunelle de ses yeux. N’hésitez pas à lui dire que vous venez de la part de Rostam, et les portes de la bibliothèque vous seront grandes ouvertes ! » ajouta le jeune homme en criant, car il s’éloignait déjà. Rosalyne lui adressa un petit geste de la main, et alors qu’elle reprenait finalement sa route, un petit sourire se dessina sur ses lèvres sans qu’elle en eût conscience. « Il est maladroit, mais il a du charme ! » pensa-t-elle, tandis qu’elle approchait enfin du seuil qui la conduirait au savoir.
Le Conte des Flammes écarlates – Prologue – Fanfiction sur Signora de Genshin Impact
Cela faisait maintenant trois semaines que Rosalyne avait découvert la bibliothèque de l’Ordre. Comme le dénommé Rostam lui avait dit, le responsable de la bibliothèque était un peu rustre au premier abord.
Mais avait en réalité le cœur sur la main tant que ses livres restaient en bon état.
Elle avait en effet pu s’apercevoir que l’homme entrait dans une colère noire si tel n’était pas le cas lorsqu’un garçon d’à peu près son âge avait ramené un livre qui avait sans doute était victime d’un verre de vin renversé, à en juger par la couleur rougeâtre que l’on pouvait apercevoir sur les pages et la couverture. Deux chevaliers présents dans la bibliothèque avaient dû s’interposer pour empêcher Otto de poursuivre le jeune homme, qui s’était enfui lorsque le maître des lieux s’était mis à proférer d’inquiétantes menaces. Heureusement, les choses s’étaient bien terminées et d’après l’un des deux gardes, c’était plus ou moins habituel. Le responsable était en effet connu pour toujours conserver ses livres dans un état impeccable.
Cet incident à part, et malgré quelques bougonnements, elle avait pu obtenir de l’homme l’accès à plusieurs ouvrages après lui avoir expliqué vouloir s’entraîner pour l’examen d’entrée à l’Académie de Sumeru, réputé comme l’un des plus durs de Teyvat. Rosalyne était en train d’étudier l’un des ouvrages qu’elle venait d’emprunter lorsqu’elle entendit quelqu’un entrer dans la bibliothèque. Elle ne leva pas les yeux pour autant, la bibliothèque étant un lieu de passage régulier. Elle crut l’espace d’un instant reconnaître la voix du nouvel arrivant, mais n’y prêta guère attention, sa lecture occupant tout son esprit. C’est lorsqu’elle entendit des pas se rapprocher d’elle et une chaise que l’on tirait qu’elle daigna enfin lever les yeux. Elle venait de retrouver Rostam, qui semblait ne pas l’avoir remarqué outre mesure.
Le jeune homme était en effet occupé à traduire un étrange message, écrit dans une langue qui n’évoquait rien à la jeune femme. Les caractères étaient semblables à ceux qu’elle lisait habituellement, quoiqu’avec quelques différences, mais l’arrangement des lettres lui paraissait étranger. « Sûrement un message provenant d’un autre pays… » se dit-elle, avant de replonger dans sa lecture. Sa tête se releva lorsqu’elle entendit, une trentaine de minutes plus tard, un soupir de désespoir s’échapper de la bouche de son compagnon de tablée.
« Tout va bien ? s’enquit-elle. Rostam releva les yeux à ces mots, et après un bref instant de confusion, un petit sourire se dessina sur son visage.
— Je vous reconnais ! Vous êtes la jeune femme que j’ai bousculé l’autre jour ! Encore désolé pour cet incident, j’ai pour habitude de mieux me présenter… dit-il avec un rire gêné.
— Ce n’est rien, répondit-elle. Après tout, j’ai pu avoir accès à tous ces livres grâce à vous ! Vous semblez… ennuyé par ce message, je me trompe ?
— En effet, répondit-il avec cette fois une expression de dépit. Il s’agit d’un message rapporté par un de nos Éclaireurs, mais j’ai beau essayer de le traduire, je n’arrive à rien de compréhensible…
Une idée vint à l’esprit de Rosalyne, qui proposa :
— Peut-être puis-je vous aider ? L’examen que je prépare comporte une partie sur les langues étrangères, peut-être qu’à deux nous pourrions trouver la solution.
— En temps normal, je serais dans l’obligation de refuser, répondit-il après une courte réflexion, mais j’ai besoin de la traduction de manière urgente. J’accepte, mais vous devrez signer un contrat de confidentialité.
— Oui, ça me paraît assez évident. Quand pourra-t-on commencer ?
— Immédiatement. Je vous apporterai le contrat demain à la même heure, si cela vous convient.
— Parfait ! Faites-moi voir la missive. » répondit-elle.
Rostam lui tendit le morceau de papier et le livre, avant de venir s’installer sur le siège vacant à ses côtés. Rosalyne examina successivement l’ouvrage que consultait Rostam et le message pendant quelques minutes. Ils passèrent le reste de l’après-midi ensemble, à traduire le contenu du message. Le jeune homme prit finalement congé lorsqu’ils parvinrent à la fin de leur tâche.
Et Rosalyne reprit donc ses études, quelque peu retardées par les événements de la journée.
Le Conte des Flammes écarlates – Prologue – Fanfiction sur Signora de Genshin Impact
Rostam et Rosalyne se retrouvèrent régulièrement dans la bibliothèque à compter de ce jour. Si la plupart du temps, le jeune homme la rejoignait pour réaliser de nouvelles traductions, il lui arrivait de plus en plus souvent de venir pour l’aider dans ses études. Il se trouvait en effet qu’il avait une excellente éducation.
Et la jeune femme appréciait beaucoup de bénéficier de son aide. Après quelques semaines, une grande amitié se forma entre les deux jeunes gens, qui devinrent presque inséparables. Il n’était pas rare de les retrouver ensemble à la bibliothèque, ou déjeunant ensemble au Bon Chasseur, si bien que les habitants de Mondstadt commençaient à spéculer sur une potentielle relation (certains avaient même commencé à prendre les paris, et une jolie somme de dix-mille moras était en jeu ; un jeune barde habillé en vert avait même clamé haut et fort qu’avec une telle somme, il viderait sans doute les tavernes de la ville de leur vin de pissenlit, et qu’il avait mis en jeu tous ses gains de la semaine, sûr de sa victoire).
Malgré les commérages (qui bien que les jeunes gens l’ignoraient encore, avaient un fond de vérité), Rosalyne et Rostam restaient concentrés sur leurs tâches respectives. Après de longs mois à étudier seule ou avec son ami Chevalier, l’heure de passer l’examen arriva enfin. La peur d’échouer prenait la jeune femme au corps.
Et le jeune homme retrouva bien souvent cette dernière endormie au milieu des livres dans les dernières semaines avant la date fatidique. Mais elle était prête : Rostam, Alma et même Otto le lui avaient assuré des dizaines de fois ; quant à sa mère, elle n’avait cessé d’écrire des lettres pour rassurer sa progéniture.
L’examinatrice qui arriva à Mondstadt ce jour là était une femme grande, aux cheveux grisonnants et à l’air pincé. Son aspect squelettique n’avait rien pour rassurer l’étudiante, et son ton autoritaire lui inspira immédiatement de la crainte. L’examen se déroula en deux parties : la première, écrite, comportait un questionnaire sur les différentes légendes de Teyvat ainsi qu’une rédaction portant sur l’Archon Anemo ; la seconde partie était un interrogatoire – du moins c’était l’impression qu’elle en avait eu – portant sur les motivations de la jeune femme et sur la thèse qu’elle souhaiterait effectuer en cas de réussite à l’examen d’admission. Ces épreuves passées et enfin libérée, Rosalyne se rendit à la cathédrale. C’est assise sur l’un des bancs du lieu sacré que Rostam la retrouva le soir venu.
Si ce n’était pour la lumière des quelques bougies qui illuminaient l’imposante nef, le chevalier aurait pu croire que la cathédrale était vide. Mais il aperçut le reflet des cheveux de Rosalyne au loin, et il la rejoignit silencieusement. La jeune femme était en train de prier sans un bruit, demandant sans doute à Barbatos ou quelconque autre Archon d’intercéder en sa faveur. Rostam enlaça son amie sans un bruit.
Et celle-ci se logea dans le creux de ses bras avec le même mutisme. Après quelques minutes, le jeune homme se risqua à poser la question qu’il avait sur le bout des lèvres depuis son arrivée auprès de la jeune femme :
« Est-ce que… tout s’est bien passé ?
— Je ne sais pas, soupira-t-elle après quelques instants de réflexion. Elle n’a rien dit pendant toute la durée de l’examen, mais à son visage, j’ai bien vu que quelque chose ne lui plaisait pas…
— Peut-être qu’elle tentait de te faire perdre pied ? Tu sais, certains examinateurs s’amusent à déstabiliser les étudiants qu’ils interrogent.
— Et dans quel but ? Pousser à l’erreur ? répondit-elle, irritée.
— Et bien, pour tester la gestion du stress par exemple. L’Académie est réputée pour avoir un cursus particulièrement long et complexe. Et peut-être qu’ils veulent s’assurer que les personnes qui y entrent seront capables de tenir face à l’énorme pression que cela impose.
Après avoir médité quelques secondes les mots de sont amis, Rosalyne conclut :
— Oui… tu as peut-être raison… »
Ils restèrent ainsi pendant encore une heure, avant que Rostam ne propose enfin de raccompagner la jeune femme chez elle. Alors qu’il allait repartir, Alma – qui avait noté l’heure tardive, en plus d’avoir elle aussi parié sur leurs amours naissantes – proposa au jeune homme de rester dîner et même de passer la nuit chez elle (une deuxième chambre, située en face de celle de Rosalyne, était libre). Elle insista tant que le chevalier dut se résoudre à accepter son offre. Après un repas léger mais néanmoins délicieux et ponctué de rires, l’heure d’aller se coucher arriva enfin. Alors qu’il se préparait à se coucher, de petits coups retentirent.
Lorsqu’il ouvrit la porte, Rosalyne se trouvait là, déjà habillé d’une élégante chemise de nuit aux différentes nuances de bleu. Une bouffée de chaleur l’envahit, mais son entraînement et sa position au sein de l’Ordre aidant, il sut masquer sa surprise et garder le contrôle de ses émotions. La jeune femme, elle, un peu plus gênée d’être vue dans cette tenue, avait les joues rosies par la situation. Elle prit une grande inspiration, et se lança enfin :
« Je voulais te remercier pour tout à l’heure. Tu es toujours là quand j’ai besoin de soutien, et je voulais te dire que j’apprécie énormément. »
S’approchant timidement, elle déposa un timide baiser sur sa joue avant de se retourner et de se diriger vers sa porte. Au moment où ses lèvres avait touché sa joue, le cœur de Rostam se mit à battre plus vite et plus fort.
Et alors qu’elle s’éloignait, il fit un pas en avant et la retint délicatement par la main.
Rosalyne, dont le cœur battait aussi la chamade, se retourna doucement et planta ses yeux bleus dans le regard émeraude du jeune homme. Leurs corps réduisirent la distance qui les séparait sans même qu’ils n’en aient conscience, et tels des aimants leurs visages se rapprochèrent.
Tandis que leurs souffles se mêlaient, Rostam passa délicatement sa main dans la chevelure de la jeune femme pour mieux l’embrasser. Contrairement au baiser précédent, celui-ci était le reflet de l’amour ardent qui depuis quelques semaines déjà attendait le moment propice pour se révéler au grand jour. Le temps sembla s’allonger, comme si ce moment était destiné à durer éternellement, et les palpitations de leurs deux cœurs se synchronisèrent lentement pour battre en harmonie. Après un long moment enlacés, ils finirent enfin par se détacher l’un de l’autre et, après un dernier regard, les deux amants retournèrent dans leurs chambres respectives. Alors qu’elle s’allongeait dans son lit, à la lueur du feu de bois qui réchauffait la pièce, Rosalyne sourit, puis s’enfonça dans le sommeil apaisé promis aux âmes heureuses.
Le lendemain matin, alors que les deux amoureux prenaient leur petit déjeuner, Alma se montra particulièrement bavarde, et ne cessait de leur poser des questions qui les faisaient s’empourprer. Il s’agissait en réalité d’une tactique de la logeuse pour déceler la véritable nature de leur relation.
Et Rosalyne remarqua qu’un sybillin sourire se dessinait sur les lèvres de son hôtesse, sans en comprendre toutefois la signification. Après ce premier repas, les deux jeunes gens se dirigèrent ensemble vers la bibliothèque, main dans la main à la vue du tout Mondstadt. Lors de leur traversée de la ville, ils entendirent au loin un cri de désespoir.
Et virent, en se tournant vers l’origine du bruit, un barde à l’air désespéré (il venait en effet de perdre son pari !).
Le Conte des Flammes écarlates – Prologue – Fanfiction sur Signora de Genshin Impact
Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis l’examen, et Rosalyne n’avait toujours pas de nouvelles. L’Académie recevant énormément de candidatures chaque année, il était courant que les délais d’évaluation soient d’une longueur presque irréelle. Mais cela n’apaisait en rien l’angoisse de la jeune femme. Elle savait que d’autres avaient déjà reçu leurs résultats (elle avait en effet quelques amis à Mondstadt qui avaient eux aussi passé l’épreuve).
Mais le délai concernant son cas relevait à ses yeux de la torture. Sa mère et Rostam avaient tenté en vain de la rassurer, mais elle avait bien remarqué l’inquiétude qui se cachait derrière leurs sourires.
Malgré cela, le couple qu’elle formait avec le jeune chevalier était plus heureux que deux jeunes gens ne peuvent l’être. Elle avait cependant remarqué que de plus en plus souvent le regard de son amant semblait éteint.
Et il lui arrivait de rester de longs moment à réfléchir en silence avec un air anxieux. Elle savait de par les traductions qu’elle effectuait encore pour l’Ordre que les nouvelles étaient de moins en moins bonnes.
Et si elle ne connaissait pas la teneur exacte des opérations, elle avait deviné que quelque sombre événement se tramait. Heureusement pour les deux amoureux, la ville de Mondstadt offrait constamment un lot de bonne humeur, l’immense majorité des habitants restant dans l’insouciante liberté que la vie leur offrait. Aussi, leurs inquiétudes respectives disparaissaient bien vite dans le décor enjoué dans lequel ils évoluaient.
Alors que les amants se promenaient dans la rue principale, Alma les ayant réquisitionné pour faire quelques achats, cette dernière arriva en courant avec un air affolé :
« ROSALYNE ! Rosalyne ! s’époumona-t-elle tandis que les jeunes gens se dévisageaient. Rosalyne, tu as reçu ça ! »
Le visage de la jeune femme blêmit en voyant ce que son hôtesse lui présentait. Une lettre, marquée du sceau de l’Académie. D’une main tremblante, elle prit le courrier décisif et entreprit de l’ouvrir. Elle ne sut cependant pas se résoudre à lire le pli, aussi confia-t-elle cette mission à Rostam. Il parcourut la missive d’un air grave, et dans un effroyable silence, il la tendit à Alma. Après une courte lecture, elle la rendit à Rosalyne, le visage impassible. Cette dernière, les larmes aux yeux, entreprit de lire le courrier qui lui annonçait, pensait-elle, son échec. Pourtant, à sa grande surprise, le contenu était très différent :
À l’attention de madame Rosalyne-Kruzchka Lohefalter
Nous avons le plaisir de vous annoncer que vous avez été reçue au concours de l’Académie de Sumeru, avec les félicitations de vos évaluateurs.
Nous espérons pouvoir vous compter parmi nos membres à partir de…
Hébétée, il lui fallut quelques instants pour digérer les mots qu’elle venait de lire. Puis, lorsqu’elle réalisa enfin, elle sauta de joie dans les bras de son bien-aimé, le frappant mollement pour le punir de la farce qu’il venait de lui faire avec la complicité de sa logeuse. Ces derniers éclatèrent de rire en voyant la réaction de la victime de leur plaisanterie. Pourtant, un éclair de tristesse et d’inquiétude passa brièvement dans les yeux du chevalier, sans que les deux femmes ne s’en aperçoivent. Le reste de la journée se passa comme un rêve éveillé pour Rosalyne, heureuse que ses rêves se concrétisent enfin. L’avenir lui souriait, et elle en était sûre, rien ne pourrait briser ce bonheur qui lui était promis.
Quelques semaines s’écoulèrent depuis la réception de cette bonne nouvelle, et enfin la veille du grand départ arriva. Les affaires de l’étudiante étaient prêtes, et elle avait rendu visite à sa mère quelques jours auparavant. Aussi voulait-elle profiter de sa dernière journée à Mondstadt avec son bien-aimé. Rostam avait d’ailleurs libéré son emploi du temps pour cette occasion spéciale. Si la journée semblait parfaite, la jeune femme nota tout de même une très légère inquiétude dans les traits de son compagnon. Ce n’est que le soir venu qu’elle eut connaissance de la raison de cette anxiété.
Les deux amants se trouvaient en effet aux pieds de la statue de Barbatos après une longue et romantique balade nocturne dans la ville. Il était tard, si bien qu’il n’y avait personne aux alentours de la cathédrale. Tandis qu’ils contemplaient l’immense représentation de pierre, Rostam prit la parole :
« Rosalyne, il y a quelque chose dont je dois te parler…
Le cœur de la jeune femme rata un battement à ces mots. Et redoutant le pire, elle l’incita à continuer d’une voix tremblante.
— Je t’écoute…
— Nous avons reçu de mauvaises nouvelles de nos éclaireurs… Il semblerait qu’une horde de monstres s’approche de Mondstadt. Les chevaliers de l’Ordre commencent déjà à se préparer pour les intercepter.
— Ce qui veut dire…
— Oui, je vais devoir partir au combat sous peu. Alors, avant que tu ne partes à Sumeru, je voulais te poser une question. »
Devant les yeux embués de larmes de son âme-sœur, le jeune homme s’agenouilla et, sortant d’une de ses poches un écrin, prononça ces quelques mots :
« Rosalyne, veux-tu devenir ma femme ? »
L’écrin contenait non pas une bague, mais un petit sablier empli d’eau.
« Je sais que ce n’est pas très habituel, mais je voulais que tu puisses garder le compte des jours qui nous séparent jusqu’à ton retour à Mondstadt, ajouta prestement le jeune homme. Rosalyne prit délicatement le précieux objet et répondit :
— Promets-moi que tu seras sain et sauf quand je rentrerai. »
Pour seule réponse, il se releva et l’embrassa tendrement. Ils étaient seuls sur la place, et la lune devint ce soir-là le seul témoin de leur promesse. Alors qu’ils quittaient la place de la statue, Rosalyne entendit quelques notes de musique en provenance de celle-ci. Elle tourna la tête et aperçut, perché sur les mains de Barbatos, un jeune barde habillé de vert.
Le lendemain, après un dernier aurevoir à son fiancé, à sa logeuse et à sa mère qui était venue spécialement pour ce grand jour, la jeune fille prit enfin la route pour Sumeru.

