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Reworld Media : Financiarisation des médias et répercussions


Reworld Media, ce grand groupe de presse semble agir en fossoyeur de la presse écrite française.
Gamekult étant l’une de ses dernières victimes.

L’influence grandissante de Reworld Media sur la presse écrite et les journalistes suscite une vive inquiétude au sein du secteur médiatique.
En effet, l’impact de ce puissant groupe de presse semble exercer une pression inquiétante, menaçant ainsi la diversité et l’indépendance de la presse écrite en France.

Rewor(l)d Media

Reworld Media est un groupe de médias français fondé en 2012 par Pascal Chevalier et Gautier Normand.
Il est devenu le premier groupe de presse magazine français en termes de nombre de journaux détenus depuis son acquisition en juillet 2019. Avec un chiffre d’affaires de 469,8 millions d’euros en 2021, le groupe a suscité la controverse en raison de ses méthodes, privilégiant la publication de contenus commerciaux jugés « faciles » par certains, au détriment du travail journalistique.

Okay Sinbad!
Ce groupe touche un demi-milliard par an donc où est le problème?
Et bien…
Ils possèdent plusieurs journaux (vous allez voir quelques images durant l’article) que vous connaissez mais le problème est plus profond.

Gamekult : Silence radio depuis le rachat par Reworld Media

Depuis l’acquisition de Gamekult par Reworld Media, les adeptes du site de jeux vidéo attendent avec impatience de nouveaux contenus. Cependant, depuis mars 2024, le site ne semble plus publier de nouveaux articles, laissant la communauté dans l’expectative.

L’absence de publications a suscité de nombreuses interrogations parmi les fidèles lecteurs de Gamekult.
Ces derniers s’interrogent sur l’avenir du site ainsi que sur l’impact du rachat par Reworld Media sur la qualité et la fréquence des contenus proposés.

Je tiens à préciser que Gamekult a changé de rédaction car les anciens de ce site étaient disant « clairvoyants » sur les pratiques de Reworld.

Cette situation a également donné lieu à de nombreuses spéculations sur les réseaux sociaux, les utilisateurs exprimant leur inquiétude quant à l’avenir éditorial de Gamekult.
Ce qui est compréhensible, surtout pour ceux qui paient un abonnement premium…

En l’absence de communication officielle de la part de Reworld Media ou de Gamekult, les fans du site sont restés dans l’attente de clarifications concernant cette période de silence prolongé.

Sauf qu’il y a quelques jours, Gamekult a enfin répondu.
Et on voit que Reworld Media est train de les « citronner ».

Ghost in the Shell

La situation que vivent les journaux de jeux vidéo reflète un phénomène plus large au sein de la presse écrite.
De nos jours, de nombreux groupes cherchent à maximiser les profits pour satisfaire les actionnaires et obtenir un classement élevé sur les moteurs de recherche tels que Google.

Cette logique de court terme pousse ces entités à exploiter les ressources des sites qu’ils acquièrent, sans nécessairement investir dans la création de nouveaux contenus de qualité.
Comme Gamekult qui doit faire tourner son site sans tests…



Une fois que toutes les ressources ont été épuisées, ces sites sont souvent délaissés et remplacés par de nouveaux projets, perpétuant ainsi un cycle précaire pour la presse écrite.
Ghost in the Shell!
On assiste à des sortes de journaux qui deviennent au fil des années des coquilles vidées de leurs âmes.

En vrai, je devrais plutôt les comparer à Galactus dans Marvel.
Un géant (aussi grand qu’une planète si ce n’est plus) qui absorbe une planète avant d’aller dévorer la suivante.
Et c’est assez intéressant, car on voit déjà que JeuxVideo.com a changé depuis ces dernières années lui aussi!

Les joueurs de MMORPG peuvent comprendre la situation!
C’est comme avec Archeage.
Un grand groupe obtient un jeu vidéo massivement multijoueur.
Ils le tuent en 6 mois, un an grâce au cash shop qui casse le concept même du jeu.
Et ils repartent faire la même chose avec un autre jeu, sous un autre nom.

Reworld Media, grand citronneur?

Vous pensez que cela ne touche que la presse des jeux vidéos?
Que nenni!
Reworld tel Galactus a une faim gargantuesque!

En vrai de vrai?
Qu’est-ce qui les empêche de se payer des intelligences artificielles?
De leurs donner de fausses identités et de leur faire pondre des articles?
Tu paies des pigistes au lance-pierre derrière pour vérifier que l’IA ne raconte pas n’importe quoi?
Ils paient des pigistes à Madagascar (dont le smic mensuel est de 40 euros).

Quand Reworld Media se félicite d’obtenir un chiffre d’affaires de 549.3 Milliards d’euros en 2024…
Vous allez pas me faire croire qu’ils n’ont pas de « budget ».
Surtout vu les gains depuis 2021…

Vous pensez que je vais loin mais quand on tue un journal scientifique centenaire et que l’on crée le « journalisme sans journalistes », n’est-ce pas là, la suite logique d’un tel groupe?

Dernier espoir, l’Etat?

L’intervention de l’État face aux pratiques de Reworld Media, axées uniquement sur la satisfaction des annonceurs au détriment des normes journalistiques, est cruciale pour contrer les conséquences néfastes de la financiarisation des médias.
Et je vous conseille l’excellent article d’Acrimed sur le sujet.

Car ne nous mentons pas, c’est du parasitage.
Les lecteurs sont pris pour des pastèques pour rester poli.
Les journalistes semblent tous être en burn-out et ce quelque soit le journal.
Repensez au commentaire de Kelmazad de Gamekult au dessus.
Cela ne doit pas être facile pour les journalistes actuels de Gamekult d’être littéralement bloqués.
Et je trouve cela triste.
Vous aviez des journaux qui fonctionnaient globalement bien et qui se retrouvent parasités.
Et on ne se rend pas compte à quel point c’est grave.

Mais vu la « start-up nation » française actuelle, j’ai quelques doutes sur l’utilité de l’État pour le moment…

Quelles sont les autres solutions?

Il est légitime de s’interroger sur la viabilité d’un magazine ou d’un journal financé par les abonnements et les dons, voire même via une plateforme de financement participatif comme Kickstarter.
Ce modèle présenterait certainement des défis de mise en place, mais il offrirait l’avantage d’assurer l’indépendance éditoriale.

Et j’imagine que le fait d’avoir de la déontologie devrait faire la différence sur le long terme?

De plus, en atteignant une taille conséquente, il pourrait être éligible à des subventions de l’État, ce qui contribuerait à sa pérennité.
Bien que complexe, cette approche pourrait offrir une alternative prometteuse face à la financiarisation croissante des médias.

En tout cas, vous voilà prévenus par rapport à Reworld Media qui mériterait un dossier scrutant toutes ses acquisitions et ce qu’elles sont devenues.
Et si jamais j’arrive à obtenir des contacts, j’aimerais bien interviewer d’anciens journalistes pour savoir justement si la « presse écrite » est morte.
Ou si elle peut se relever? Et dans ce cas, comment?

Et surtout, pour vous? Quelle est la bonne solution?

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