Avis après avoir regardé les quatre épisodes.
Cet article ne révèle ni l’identité du coupable ni les détails du dénouement.
Vous incarnez Sherlock Holmes pendant des années au cinéma.
Les gens connaissent votre personnage, ses méthodes, sa capacité à comprendre ce qui échappe aux autres.
Puis un jour, quelqu’un meurt dans votre hôtel et l’on se tourne vers vous.
Petit problème : vous étiez acteur.
C’est cette idée qui m’a plu dans The Final Problem, une mini-série espagnole adaptée du roman d’Arturo Pérez-Reverte, réalisée par Félix Viscarret et disponible sur Netflix depuis le 25 septembre 2026. José Coronado y interprète Basil, un ancien Sherlock Holmes de cinéma entraîné dans une véritable enquête.
J’ai accroché dès le premier épisode. J’ai aimé l’ambiance, le duo avec Foxá et cette envie de soupçonner presque tout le monde. En revanche, la fin m’a frustré.
Voilà donc dix raisons de tenter le séjour, avec cette réserve annoncée dès le départ. Je ne vais pas faire semblant d’avoir adoré la conclusion pour que mon titre reste bien positif.
1. Le premier épisode m’a accroché sans délai

J’aime quand une série me donne rapidement envie de rester avec elle. Pas forcément avec une explosion ou trois morts avant le générique : une situation qui m’intrigue peut suffire.
Ici, j’ai accroché dès le premier épisode.
Basil se rend à Majorque dans l’espoir de relancer sa carrière, mais une mort bouleverse son séjour et transforme les personnes présentes en suspects.
Son problème professionnel devient soudain beaucoup moins urgent.
Le point de départ m’a donné envie de suivre l’enquête.
Je n’ai pas eu besoin de me promettre d’attendre trois épisodes pour savoir si les choses allaient devenir intéressantes.
Pour une série qui n’en compte que quatre, c’est plutôt préférable.
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2. Le huis clos fournit une excellente mauvaise idée de vacances
Au printemps 1959, treize personnes se retrouvent bloquées par une violente tempête sur une petite île au large de Majorque.
Dans l’hôtel où elles séjournent, une touriste anglaise, Elisa Mander, est retrouvée morte.
Ce qui ressemble d’abord à un suicide devient une affaire de meurtre.
Difficile de trouver meilleur moyen de détériorer l’ambiance au petit déjeuner.
Le huis clos fonctionne parce qu’il oblige les personnages à rester ensemble. Les conversations prennent un autre sens lorsque la personne en face peut avoir quelque chose à cacher et qu’on ne peut pas simplement rentrer chez soi.
C’est un dispositif classique, mais je n’ai aucun problème avec les classiques quand ils me donnent envie de regarder les gens de travers.
Et là, j’ai regardé beaucoup de monde de travers.
3. Basil doit se débrouiller sans scénario à apprendre

Le passé de Basil constitue, pour moi, le meilleur argument de départ.
Il a interprété Sherlock Holmes. Cela ne lui fournit ni une formation de policier ni un texte contenant déjà la solution. Pourtant, il se retrouve à endosser le rôle d’enquêteur.
Ce qui m’intéresse, c’est de le voir devenir son propre détective. Il porte les habitudes et l’image d’un personnage célèbre, mais doit maintenant se débrouiller avec une situation qui ne lui obéit pas.
Il y a une différence entre prononcer une déduction écrite pour vous et trouver vous-même ce qui s’est passé.
Cette idée donne immédiatement une personnalité à l’enquête. J’avais envie de voir ce que Basil pouvait faire de ce rôle lorsqu’il cessait d’être une performance destinée à une caméra.
4. Basil et Foxá forment un duo que j’aurais aimé suivre plus longtemps

Basil s’associe à Foxá, un aspirant auteur de thrillers interprété par Martiño Rivas. Un acteur connu pour avoir joué un détective et un homme qui veut écrire des histoires criminelles : au moins, ils ont des références. Reste à savoir si elles vont les aider.
Leur association fait partie de mes principaux plaisirs dans la série.
Foxá est même le personnage que je retiens particulièrement. J’aime le voir aux côtés de Basil, et ce duo me donne une raison de suivre leurs échanges au-delà de la seule recherche d’une solution.
Je n’ai pas seulement envie de connaître le coupable ; j’ai envie de retrouver ces deux-là pendant qu’ils essaient de comprendre.
C’est aussi pour cela que le format m’a laissé un petit manque. Quatre épisodes avec eux, ça se regarde facilement. J’en aurais volontiers pris davantage.
5. L’ambiance de 1959 fait une partie du travail
L’ambiance compte beaucoup dans ce qui m’a plu : l’époque, l’hôtel, les voyageurs réunis et ce séjour qui bascule. Pas besoin d’isoler chaque costume ou chaque choix de lumière pour expliquer pourquoi je suis entré dans la série.
Je ne vais pas transformer cette réponse en dissertation sur chaque costume et chaque choix de lumière. Ce que j’ai apprécié, c’est l’ensemble : l’époque, l’hôtel, les voyageurs réunis et le séjour qui bascule.
Le cadre de 1959 éloigne aussi l’enquête de nos habitudes contemporaines.
La série assume son décor de thriller d’époque, avec un groupe isolé et des secrets qui circulent entre les personnages.
Je suis entré facilement dans cette atmosphère.
Ce n’est pas uniquement une question de savoir qui a tué qui.
Le plaisir vient aussi du fait de passer du temps dans ce lieu, à observer des personnes qui ont encore toutes les raisons de soigner leurs apparences.
6. On finit par soupçonner presque tout le monde

C’est probablement la meilleure preuve que le dispositif a fonctionné sur moi : j’avais des soupçons sur presque chaque personnage.
Presque.
Basil bénéficiait de mon indulgence.
Pour les autres, j’étais nettement moins généreux.
Je ne prétends pas avoir reconstitué toute l’affaire avant les révélations.
Je suivais surtout les comportements, les échanges et les informations avec cette question en tête : est-ce que cette personne me raconte vraiment ce qu’elle sait ?
A la fin du troisième épisode, j’étais ouvert à toute possibilité.
J’aime cette participation mentale.
Elle donne une raison de prêter attention à une conversation plutôt que d’attendre sagement le moment où le détective réunit tout le monde pour expliquer la solution.
Sur ce point, The Final Problem m’a embarqué.
7. Les références à Sherlock ne demandent pas un diplôme en Conan Doyle
Le passé de Basil place Sherlock Holmes au cœur du concept.
Mais, pendant mon visionnage, je n’ai pas eu le sentiment qu’il fallait connaître chaque récit pour profiter de la série.
J’ai apprécié les références sans qu’elles deviennent une condition d’entrée.
Il suffit de comprendre ce que représente Sherlock : un détective célèbre dont on attend qu’il remarque et explique ce que les autres ne comprennent pas.
Le décalage avec Basil fonctionne déjà à partir de là.
Petite précision utile : cette mini-série adapte le roman d’Arturo Pérez-Reverte, et non directement la nouvelle de Conan Doyle portant le même titre.
Vous pouvez donc venir pour l’enquête, même si votre connaissance de Holmes vient surtout de quelques films ou séries.
8. Le cinéma et l’écriture font partie du mystère

L’association de Basil et Foxá ne constitue pas le seul lien avec le monde des histoires.
La galerie de personnages comprend notamment un réalisateur ambitieux, Fonseca, interprété par Gonzalo de Castro, ainsi qu’une jeune actrice jouée par Cristina Kovani.
Ce cadre m’intéresse parce qu’il réunit des personnes qui connaissent la fiction, le jeu et les apparences.
Et cela aura son importance.
Le principe de départ invite naturellement à se demander ce qui relève de l’observation et ce qui vient des histoires que chacun a en tête.
Basil porte son ancien rôle. Foxá veut écrire des thrillers. Leur rapport aux récits accompagne donc la manière dont on aborde l’affaire.
Je trouve cela plus attirant qu’une enquête où le passé des personnages ne servirait qu’à remplir leur présentation avant le premier interrogatoire.
9. Quatre épisodes permettent de tenter l’aventure sans s’engager pour trois saisons

Netflix propose quatre épisodes. On peut donc commencer la série sans devoir réserver ses prochaines semaines à une nouvelle enquête.
Pour quelqu’un qui cherche un format court, c’est un argument pratique.
Mais je vais être honnête : j’aurais aimé le double.
Pas nécessairement pour repousser la solution à coups de scènes inutiles.
J’aurais simplement apprécié davantage de temps avec Basil, Foxá et cette ambiance.
C’est un reproche plutôt favorable, même si cela reste un reproche.
10. Elle permet de distinguer résoudre une affaire et approuver sa conclusion

Voici le point où ma recommandation se nuance.
La fin ne m’a pas satisfait. Plus précisément, une décision finale de Basil m’a paru trop indulgente.
Je m’arrête là pour ne pas révéler le dénouement. Mais j’ai trouvé intéressant de constater que mon plaisir à suivre l’enquête ne m’obligeait pas à accepter la réponse apportée ensuite.
On peut comprendre ce qui s’est passé et rester en désaccord avec ce qu’un personnage décide d’en faire.
C’est une discussion que la série laisse ouverte pour le spectateur. Je ne vais pas présenter ma frustration comme une preuve automatique de profondeur : parfois, une fin nous déplaît, tout simplement.
En revanche, j’aurais bien aimé pouvoir demander quelques explications supplémentaires à Basil.
Mon verdict : j’aurais prolongé le séjour, pas forcément signé la dernière décision
The Final Problem m’a accroché dès son premier épisode. Son ambiance et son duo principal m’ont donné envie de rester, tandis que le huis clos entretenait mes soupçons.
Le concept d’un ancien Sherlock de cinéma chargé de mener une enquête constitue une bonne porte d’entrée. Foxá apporte l’autre raison pour laquelle je serais volontiers resté plus longtemps.
Ma réserve concerne le dénouement, pas l’ensemble du voyage. Je peux donc vous conseiller de découvrir la série tout en reconnaissant que je ne suis pas sorti entièrement satisfait.
Au fond, j’aurais aimé huit épisodes avec Basil et Foxá.
Mais pour la dernière décision, Basil, on aurait eu une discussion.







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