Je vais spoiler la Mort d’un personnage donc FUYEZ avant de lire la suite car lorsque j’ai lancé Clair Obscur: Expedition 33, je ne m’attendais pas à ce que l’un de mes personnages préférés disparaisse aussi tôt lors de l’Acte 1, surtout que l’histoire nous fait commencer aux côtés de Gustave, un personnage solide, réfléchi, profondément humain sans que l’on se doute de rien.
Dès les premières heures de jeu, il donne le ton : un homme marqué par le deuil, habité par le besoin de protéger, et poussé par une volonté sincère de comprendre ce qui menace le monde.
Tout semblait indiquer qu’il serait le monolithe pilier du récit.
Clair Obscur: Expedition 33 – Acte 1 – Un départ sous le signe du drame

Le jeu s’ouvre sur une scène forte : Sophie meurt, et ses derniers mots s’adressent à Gustave. Elle lui demande de veiller sur Maëlle et même d’avoir une relation avec Lune.
Ce moment n’est pas simplement tragique, il installe une dynamique importante : Gustave devient le gardien de cette promesse.
On le suit dans cet objectif, on le voit prendre son rôle au sérieux, et plus encore, on découvre un lien fraternel émouvant avec Maëlle, qui donne toute sa dimension au personnage.
Rapidement, on s’attache à lui. Non pas seulement parce qu’il est fort ou charismatique, mais surtout parce qu’il est juste. Il agit toujours avec retenue et lucidité, même quand le monde autour de lui vacille.
Il aurait très bien pu être le héros principal du jeu, celui qu’on suit du début à la fin. C’est en tout cas ce que je croyais.
Clair Obscur: Expedition 33 – Un coup mortel en traitre qui achève l’Acte 1

La fin de l’acte 1 change tout.
Après un combat éprouvant contre un boss, alors que le groupe est affaibli et divisé vu que Lune et Sciel ont sauté en bas de la falaise, Renoir surgit.
À ce moment-là, on s’attend à une confrontation tendue, mais pas forcément décisive.
Mais Renoir frappe en traître. Et cette fois, il n’y a pas de sauvetage in extremis, pas de potion, pas de retour au camp. Gustave meurt.
Enfin, pas tout de suite.
Gustave, malgré la fatigue, résiste. Il utilise son bras en surcharge pour repousser Renoir, lui tient tête jusqu’au bout. On pense qu’il va s’en sortir, qu’il va encore une fois protéger ceux qu’il aime.
L’un de ses derniers mots est un simple « pourquoi », mais il contient tout.
Pourquoi Renoir s’en prend-il à lui ? Pourquoi tuer un autre humain, dans un monde déjà ravagé ? Pourquoi suivre la Peintresse ? Pourquoi maintenant ?
Cette question reste suspendue, douloureuse, et marque un tournant dans l’histoire.
La mort de Gustave dans Clair Obscur: Expedition 33 – Un parallèle avec Lavitz et Erwin Smith

Cette scène m’a immédiatement rappelé d’autres morts marquantes dans la fiction.
Celle de Lavitz dans Legend of Dragoon, par exemple. Lui aussi semblait destiné à être un personnage central, un allié fidèle jusqu’au bout. Pourtant, il meurt très tôt, et contre l’un des ennemis les plus puissants du début de jeu, Lloyd.
Sa disparition m’avait marqué pour sa brutalité, mais aussi pour l’impact qu’elle avait sur le groupe.
Surtout qu’a un moment, il nous aide par delà la mort.
Je pense aussi à Erwin Smith dans L’Attaque des Titans. Sa mort est terrible parce qu’elle survient avant qu’il puisse connaître la vérité.
Il meurt avec des questions plein la tête, des rêves inachevés, une cause toujours vivante, mais sans lui.
Gustave se trouve dans cette lignée. Ce n’est pas une mort gratuite, ni un twist de scénario forcé. C’est une perte qui sert l’histoire, qui la fait basculer dans quelque chose de plus grave, de plus réel.
La mort de Sophie nous avait marqué.
Le débarquement allié de l’expédition 33 aussi.
Mais la mort de Gustave, nous marque d’une croix rouge.
La Mort de Gustave dans Clair Obscur: Expedition 33 – Un personnage construit pour durer pourtant !

Ce qui rend la mort de Gustave aussi percutante, c’est le soin que le jeu a mis à nous faire croire en lui. Il n’est pas juste un personnage jouable parmi d’autres.
Il est une figure centrale dans le groupe, à la fois mentor et frère de cœur pour Maelle, et porteur d’une volonté qui dépasse l’instinct de survie. Il cherche à comprendre. À protéger. À réparer ce qui peut encore l’être.
Sa disparition aurait pu ressembler à un pétard mouillé, comme c’est parfois le cas dans certains jeux qui veulent « choquer » trop tôt sans avoir pris le temps d’étoffer leurs personnages.
Ici, c’est tout le contraire. La perte de Gustave fonctionne parce qu’on le connaissait, parce qu’on l’aimait, et parce que sa promesse n’est pas tenue. Il meurt avant d’avoir pu accomplir ce qu’il s’était juré de faire.
Clair Obscur: Expedition 33 : Verso : un remplaçant trop parfait dès la fin de l’Acte 1?

Et puis, il y a Verso. Introduit juste après la mort de Gustave, il est celui qui sauve Maelle… mais trop tard pour sauver Gustave.
Il arrive comme un soutien providentiel, prêt à se battre, à aider, à remplir le vide. Il manie même les mêmes armes que Gustave, ce qui, sur le moment, m’a presque mis mal à l’aise. Il ne fait rien de mal, objectivement. Il est calme, compétent, serviable. Et pourtant, je le déteste.
Peut-être parce qu’il arrive trop vite. Peut-être parce qu’il semble prêt à reprendre une place qui n’est pas la sienne. Je l’appelle « le Clive de Wish », et je sais que c’est injuste.
Mais c’est là tout le pouvoir de l’écriture autour de Gustave : sa disparition laisse une blessure ouverte. Tellement ouverte qu’un personnage honnête comme Verso devient insupportable simplement parce qu’il ose exister après lui. Il n’a rien fait de mal (enfin même s’il a des secrets), et c’est précisément ça qui le rend difficile à accepter.
La mort de Gustave dans Clair Obscur: Expedition 33 – Un avenir sans lui, mais pas sans son empreinte

Dès lors, la dynamique du groupe change. Lune et Sciel, chacune à leur manière, doivent composer avec cette absence. Et Maëlle surtout, qui perd son grand frère de cœur, son repère. La suite de l’aventure prend une autre dimension : elle est motivée non seulement par le besoin de vaincre la Peintresse, mais aussi par le besoin de tuer Renoir.
Le joueur, quant à lui, avance désormais avec une forme de méfiance. Plus aucun personnage n’est à l’abri. La mort de Gustave casse une certaine routine narrative et nous rappelle que le monde de Clair Obscur est dur, injuste, et imprévisible.
Mais surtout, elle ancre l’histoire dans une réalité émotionnelle rare pour un jeu de ce type. On ne joue plus seulement pour voir la fin. On joue aussi pour lui et pour ceux qui viendront après.
PS: Punaise si l’acte 1 m’a marqué alors je ne vous dis pas ma réaction lors de la fin de l’acte 2!
Et encore moi, ma réaction à la fin de l’acte 3!








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