Il y a des jeux qui vous donnent une épée légendaire, un dragon ou une armure qui coûte le budget annuel d’un petit royaume.

Et puis il y a ACORN: Seed of Resistance, qui préfère vous confier une bande de rongeurs, quelques pièges, une bombe incendiaire et la lourde mission de reprendre une forêt dominée par des prédateurs.

Annoncé le 29 septembre lors du premier Coffee Stain Big Break Showcase, le prochain jeu de Guidelight Games, le studio derrière SpellRogue mélange roguelike, RPG de groupe, exploration et auto-battler tactique.
Il est prévu sur PC via Steam en 2027, avec Ghost Ship Publishing à l’édition.

Une résistance née d’une trahison

Une scène de jeu où des personnages stratégiques s'affrontent sur un plateau hexagonal, entouré de forêts et de rochers.

Le point de départ est plus sombre que ne le laisse croire l’idée d’une armée de petits animaux.

Dans ACORN: Seed of Resistance, votre ordre avait juré de protéger le royaume. Mais l’un de ses membres l’a trahi.
L’organisation a presque été exterminée, tandis que les survivants sont désormais poursuivis pour des crimes qu’ils ont cherché à empêcher.

C’est donc avec une réputation détruite, une poignée de survivants et un peuple qui ne vous fait pas confiance qu’il faudra rebâtir la résistance.

Terrain de jeu stratégique avec des hexagones, des personnages sur la gauche, des rochers et des buissons dans une forêt.

Le jeu place les créatures les plus vulnérables de la forêt au centre de l’histoire. Les rongeurs et leurs alliés ne sont pas là pour être décoratifs : ils doivent se battre pour récupérer une terre passée sous le contrôle des prédateurs.
Ghost Ship Publishing présente d’ailleurs le projet comme une dark fantasy où les animaux placés au bas de la chaîne alimentaire choisissent enfin de répondre.

L’idée a quelque chose d’assez simple, mais elle fonctionne immédiatement : prendre les petits héros que l’on imagine d’ordinaire fuir au moindre bruit dans les buissons, et leur demander de mener une guérilla contre les monstres de la forêt.

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Des aventures courtes, mais pas simplistes

Image d'un jeu vidéo montrant trois compagnons à recruter : Broad-Back (Savant), Honore (Fighter) et Thorn-Eye (Legendary Priest), chacun avec des capacités spéciales.

Guidelight annonce des expéditions d’environ quinze minutes.
Le format évoque ces jeux que l’on lance “juste pour une partie” avant de comprendre, une heure plus tard, que l’on tente encore de rendre viable une équipe absurde composée d’un tank, de trois invocations et d’un rongeur équipé comme s’il allait assiéger une capitale.

Chaque mission commence avec un héros seul.
Il faut ensuite parcourir des zones générées procéduralement, recruter des compagnons, récupérer de l’équipement, découvrir des reliques et chercher les synergies capables de transformer une bande de survivants en véritable machine de guerre.

Les choix de composition semblent être l’un des nerfs du jeu :

  • Miser sur les invocations pour submerger l’adversaire.
  • Déclencher des réactions en chaîne explosives.
  • Construire toute l’équipe autour d’un unique combattant impossible à arrêter.
  • Adapter les compétences, l’équipement et les reliques de groupe à ce que la partie vous donne.

ACORN: Seed of Resistance ne semble donc pas vouloir être un auto-battler passif.
Les affrontements sont automatiques, oui, mais le joueur garde la main avant le combat : placement des compagnons, préparation des pièges, barricades et consommables, gestion des ressources et sélection de la prochaine rencontre.

L’exploration avant le combat

Interface de jeu montrant un personnage nommé Cold-Eye, un rat prêtre de niveau 3, avec des statistiques de compétences et d'équipement.

Le jeu n’envoie pas simplement une équipe d’animaux dans une arène en espérant que les chiffres soient les bons.

Les cartes doivent contenir des emplacements cachés, des trésors, des bastions hostiles, des rencontres dangereuses et des ennemis errants.
Il faudra choisir son chemin avec prudence : tendre une embuscade à une patrouille, l’éviter, se cacher d’un monstre plus puissant ou prendre le risque de traverser une zone dont les récompenses peuvent faire basculer une partie.

Un jeu de stratégie au tour par tour se déroulant dans une forêt, avec des personnages combattant un monstre au centre d'un plateau hexagonal.

La santé est présentée comme une ressource rare.
On devra donc collecter des provisions pour installer un campement, cuisiner, se soigner et décider qui part chercher des ressources ou monte la garde.
À cela s’ajoutent des choix moraux : épargner des paysans enrôlés par erreur contre la résistance, ou sacrifier un compagnon pour obtenir la puissance nécessaire à vaincre un mal plus grand.

C’est ici que le projet peut trouver sa personnalité. Les roguelikes ont souvent besoin d’un bon système de combat, mais ils deviennent vraiment mémorables lorsqu’ils parviennent à raconter quelque chose dans les décisions prises entre deux affrontements.
ACORN promet justement ce mélange entre optimisation, survie et choix inconfortables.

Entre Darkest Dungeon et Heroes of Might and Magic

Un paysage nocturne représentant un petit campement avec une source de lumière au centre, entouré de rochers et de feuillage. Des objets de valeur, comme des coffres, sont visibles sur le sol.

Il serait facile de résumer ACORN: Seed of Resistance à “Darkest Dungeon avec des animaux”, notamment parce que son univers sombre, ses ressources limitées, son campement et ses expéditions à risque appellent naturellement la comparaison.

Mais le jeu semble chercher autre chose.

Ghost Ship Publishing évoque l’exploration des jeux de stratégie classiques, avec une inspiration assumée par des titres comme Heroes of Might and Magic, tout en associant cette structure à du buildcrafting et à des combats automatiques rapides.
Il ne s’agit donc pas seulement de survivre à un donjon : il faut explorer, recruter, libérer des zones et reconstruire progressivement son ordre.

La présence de Ghost Ship Publishing mérite aussi d’être surveillée.
La branche d’édition de Ghost Ship Games s’est déjà fait une place en accompagnant des projets indépendants au positionnement très clair. Ici, elle soutient Guidelight Games, connu pour SpellRogue, avec un jeu qui semble vouloir rendre la stratégie de groupe plus abordable sans abandonner les synergies complexes qui font le plaisir du genre.

Une base à reconstruire

Un personnage de jeu vidéo au centre, entouré de créatures et de structures dans un environnement forestier avec un sol en hexagones.

Les missions ne sont pas des parties indépendantes sans conséquence.

Chaque expédition doit participer à une campagne plus large : restaurer une base secrète, débloquer de nouveaux héros, recruter des chefs et accéder à des missions plus difficiles. La résistance se développe donc entre les runs, ce qui devrait donner une raison de revenir même après une défaite brutale ou une équipe victime d’une mauvaise rencontre.

Une scène de bataille stratégique sur un plateau hexagonal, avec des unités de différentes couleurs, des zones de sang et des éléments naturels en arrière-plan.

Ce système de progression est important.
Un roguelike de quinze minutes doit donner envie de recommencer rapidement ; une campagne de reconstruction doit, elle, donner l’impression que chaque petit succès laisse une trace.
ACORN semble vouloir jouer sur les deux tableaux : l’adrénaline de la partie courte et le plaisir plus lent de voir une cause perdue reprendre du terrain.

Sur le papier, c’est exactement le type de boucle qui peut devenir dangereuse pour l’emploi du temps : une expédition avant de dormir, une nouvelle recrue débloquée, une mission qui promet de sauver l’ordre… et soudain il est deux heures du matin.

Un jeu à surveiller en 2027

Écran de niveau supérieur montrant le personnage Grindle, niveau 7, avec les options de compétences Armorer, Hoarder et Unleash.

ACORN: Seed of Resistance est encore loin de sa sortie, fixée à 2027 sans date précise. Il n’a donc pas besoin d’être présenté comme le prochain phénomène indie avant d’avoir montré davantage de gameplay et précisé la variété de ses missions, de ses héros et de ses choix.

Mais l’annonce a déjà de quoi intriguer.

Le mélange entre dark fantasy animale, construction d’équipe, exploration procédurale, décisions morales et auto-battles tactiques donne au jeu une identité plus affirmée que celle d’un simple roguelike supplémentaire.
Et l’idée de reconquérir une forêt avec une résistance de rongeurs contre des prédateurs est exactement le genre de concept qui peut sembler un peu ridicule sur le papier, avant de devenir étrangement sérieux lorsqu’un de vos compagnons meurt parce que vous avez économisé une barricade.

Il faudra voir si Guidelight Games parvient à faire tenir toutes ces idées dans des runs réellement lisibles et variées. Mais entre son format court, son ambiance sombre et ses promesses de synergies explosives, ACORN: Seed of Resistance mérite déjà une place sur la liste des jeux indépendants à surveiller en 2027.

Un personnage souriant avec des cheveux bleu et une fleur de tournesol dans un ciel bleu.

Mythical Sinbad

Rédacteur en chef du Daily Moogle, capitaine d’un blog prestigieux dédié aux jeux vidéo, à l’anime et à la culture geek.

Je navigue entre analyses, passions et découvertes pour mettre en avant les mondes que j’aime faire découvrir.

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