En seulement 30 ans, le cinéma a radicalement changé de ton lorsqu’il aborde les menaces apocalyptiques avec Armageddon et Don’t Look Up.
Le film Armageddon, sorti en 1998, proposait une vision pleine d’espoir et de solidarité face à un danger global : un astéroïde menaçant d’anéantir la Terre.
23 ans plus tard, Don’t Look Up (2021) d’Adam McKay, nous offre une vision bien plus cynique, où la fin du monde est accueillie avec indifférence, incompréhension et surtout, l’inertie des pouvoirs en place.
Si Armageddon se positionne comme une métaphore de l’unité et de la capacité de l’humanité à se sauver, Don’t Look Up dépeint une société qui ne parvient pas à agir, dominée par le capitalisme, la division politique et la désinformation.
Armageddon : Un rêve d’unité et d’espoir

Dans Armageddon, la menace d’un astéroïde qui pourrait détruire la Terre est perçue comme un défi ultime.
Le film suit une équipe de foreurs, dirigée par Bruce Willis.
Et qui envoyée sur l’astéroïde pour le détruire avant qu’il ne frappe la planète.
Ce film, bien que plein de clichés et de moments dramatiques, propose une vision résolument optimiste.
La mission, menée par des hommes « ordinaires », symbolise l’idée que, face à l’adversité, l’humanité peut se rassembler et surmonter tous les obstacles.

Dans ce film, les différences politiques et économiques semblent s’effacer face à la nécessité d’une action commune.
Après tout, tout le monde utilise les mêmes pièces taïwanaises pour ses fusées aha.
L’héroïsme individuel et collectif est célébré, l’esprit de sacrifice est exalté, et l’espoir de sauver l’humanité est bien réel.
Bien que le film ne fasse pas l’impasse sur certaines tensions, il met en lumière la capacité de l’humanité à s’unir, malgré les obstacles, pour résoudre une crise mondiale.
La fin d’Armageddon est celle d’une victoire, même si elle vient au prix du sacrifice d’un des héros. L’humanité triomphe.

Armageddon reflète l’idée que la science, l’ingéniosité humaine et la volonté collective peuvent sauver le monde.
Ainsi qu’une bande de durs à cuire aussi bien entendu aha.
C’était un film qui, dans les années 90, apportait un message d’espoir. A une époque où des menaces réelles, comme les armes nucléaires, flottaient dans les esprits. L’espoir et l’action collective étaient des réponses aux crises géopolitiques de l’époque.
Don’t Look Up : Le capitalisme et la résignation causent l’Armageddon

Puis, il y a Don’t Look Up. Le film de 2021 prend un ton complètement différent. Au lieu de l’optimisme, nous faisons face à une satirique peinture du monde moderne.
Dominé par la désinformation, l’irresponsabilité et la manipulation des masses par les pouvoirs économiques et politiques.

Dans ce film, deux astronomes découvrent qu’une comète se dirige droit vers la Terre, menaçant de la détruire.
Cependant, malgré l’évidence du danger, les autorités et les médias préfèrent ignorer la menace.
Car elle pourrait affecter les intérêts financiers.
Un parallèle évident avec le capitalisme où les profits sont souvent placés au-dessus de la survie de la planète et de ses habitants.

Le film critique la société de consommation et l’influence des entreprises, des médias et des politiciens.
L’inertie, voire l’hostilité envers l’idée de prendre des mesures sérieuses, s’installe rapidement.
Le film tourne en dérision la passivité et l’indifférence de ceux qui détiennent le pouvoir face à une catastrophe imminente.
La comète est un symbole de crise mondiale, mais aussi de la manière dont nous, en tant que société, réagissons de manière inepte à nos propres menaces, qu’elles soient climatiques, politiques ou économiques.

Les personnages de Don’t Look Up sont désespérés face à un système qui privilégie la « normalité » et les intérêts économiques à la survie de la planète.
La fin du film n’est pas celle d’une victoire, mais d’une acceptation morose de l’inévitable. Il reflète une vision de plus en plus courante dans notre monde : celle d’une humanité qui, paralysée par des forces extérieures et des désaccords internes, ne parvient plus à résoudre les crises mondiales.
Le contraste entre les deux films : L’évolution des mentalités en 30 ans d’Armageddon à Don’t Look Up

Le passage de Armageddon à Don’t Look Up peut sembler à première vue comme une simple évolution cinématographique.
Pourtant, il en dit long sur le changement de mentalité qui a eu lieu au cours des trois dernières décennies.
En 1998, le monde était encore marqué par un certain optimisme, où l’idée que l’humanité pouvait se souder face à des crises mondiales semblait plausible.
Le film, bien que fictif, reflétait la croyance que la technologie, la coopération internationale et l’esprit d’équipe pouvaient surmonter des menaces globales. C’était l’ère où les grandes puissances semblaient plus enclines à collaborer pour faire face à des dangers communs, du moins dans le cadre de la fiction.

En revanche, Don’t Look Up représente une rupture avec cette vision. Depuis la fin des années 2000 et l’arrivée de crises économiques mondiales, suivies de l’essor du populisme et de la montée du capitalisme débridé, la confiance dans les institutions et dans la capacité de l’humanité à répondre aux crises a considérablement diminué. Don’t Look Up met en lumière cette désillusion.
La crise climatique, l’injustice sociale, la montée du populisme et la domination des grandes entreprises sont devenus des enjeux majeurs. Le film semble dire que, même face à une menace existentielle, la société préfère se concentrer sur des intérêts à court terme, ignorant l’urgence.

Le film de McKay illustre bien le cynisme actuel.
Dans un monde où les médias et les puissances économiques sont souvent tenus pour responsables de l’indifférence collective, l’humanité peine à trouver des ressources pour se sauver. Ce qui, dans Armageddon, était perçu comme une catastrophe à surmonter ensemble, devient dans Don’t Look Up un échec inévitable en raison de notre incapacité à agir.
L’image des Etats-Unis d’Amérique est sacrément écornée entre les deux films.
Conclusion : Qu’est-ce que cela dit de notre époque ?

En 30 ans, les films sur l’apocalypse ont évolué d’une vision pleine d’espoir vers une vision plus sombre et désenchantée.
Loin de l’optimisme d’Armageddon, où l’humanité fait preuve de courage et d’innovation pour sauver la planète, Don’t Look Up nous montre une société où l’intérêt financier et la politique prennent le pas sur la survie de l’espèce humaine.
Les deux films sont des miroirs de leur époque respective.
Alors que dans les années 90, l’idée d’une action collective semblait encore envisageable, aujourd’hui, face à des crises multiples et globales, l’espoir semble avoir laissé place au cynisme.

Au fond, la comparaison entre ces deux films nous invite à réfléchir sur notre propre époque.
Allons-nous réussir à surmonter les crises qui nous attendent, ou sommes-nous condamnés à l’inaction et à l’indifférence ? L’histoire nous dira si nous avons appris des erreurs de nos représentations cinématographiques.

En conclusion, je souhaitais établir ce comparatif.
Bien que je n’affirme pas que les films d’autrefois étaient utopiques, ceux des années 2020 semblent vraiment plus dystopiques en comparaison. Ils reflètent un certain désenchantement collectif et des préoccupations actuelles face aux crises que nous vivons. Cette évolution dans la représentation des défis mondiaux démarque un changement dans notre perception. L’optimisme a fait place à une vision plus sombre.
Et à une réalité alarmante qui soulève des questions sur notre avenir.






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