PETA vs jeux vidéo, c’est un peu un crossover bizarre entre “défense des animaux” et “drama gamer”.
Voici un top des moments où l’association est partie en croisade contre nos jeux préférés.
1. Mario et le costume de tanuki (Super Mario 3D Land)

On commence fort avec Mario.
Quand Super Mario 3D Land remet le costume de tanuki au centre du gameplay, PETA sort un jeu parodique : “Mario Kills Tanooki”.
Dans cette version flash, un tanuki dépecé poursuit Mario pour récupérer sa peau, avec du sang partout et un ton très accusateur.
L’idée derrière :
pour PETA, le costume de tanuki ne doit pas juste être “mignon”, il serait le symbole de fourrure animale utilisée dans le monde réel.
Ils accusent Mario de rendre ça fun, comme si porter de la peau d’animal était un simple power‑up.
Résultat :
les joueurs sont surtout choqués par le côté gore de la parodie.
Pour beaucoup, le costume reste un clin d’œil à une créature mythologique japonaise, pas un tuto pour dépecer des tanukis dans son jardin.
2. Pokémon Black & Blue : “les Pokémon se rebellent”

Pokémon, c’est des captures, des combats, des défis d’arène… et pour PETA, c’est surtout des animaux transformés en machines de guerre.
En 2012, ils sortent “Pokémon Black & Blue: Gotta Free ’Em All!”, une parodie où les Pokémon se révoltent contre leurs dresseurs.
Au programme :
- Pikachu et compagnie couverts de bandages et de blessures,
- dialogues sur la souffrance, les cages, les expériences,
- un message global : “les combats de Pokémon, c’est l’exploitation animale version kawaii”.
Le but, c’est de faire le parallèle avec les animaux utilisés dans les cirques, les laboratoires, les combats clandestins.
Sauf que dans Pokémon, tout est très codifié, très cartoon, très déconnecté de la réalité.
Pour les fans, la parodie est surtout un délire creepy / choc, pas une vraie critique du game design.
On peut reconnaître le message sur la protection animale, mais la transposition directe “Pokémon = torture organisée” passe assez mal.
3. Cooking Mama : “Mama Kills Animals”

Oui, même Cooking Mama a été pris dans la tempête.
PETA crée une version flash appelée “Cooking Mama: Mama Kills Animals”, où on découpe de la dinde et du steak dans une ambiance franchement gore :
- sang qui gicle,
- animaux montrés avant/après,
- Mama transformée en bourreau de boucherie.
Le message : rappeler que derrière les recettes adorables, il y a des abattoirs et des animaux qui souffrent.
Ils reprochent au jeu de rendre “fun” la préparation de viande sans jamais montrer l’origine.
Le studio de Cooking Mama répondra plus tard en mode :
“On a aussi des recettes végétariennes, c’est juste un jeu de cuisine.”
Là encore, le problème, ce n’est pas tant le fond que la forme :
l’approche hyper gore choque plus qu’elle ne fait réfléchir.
Tu voulais faire un curry dans ta DS, tu te retrouves avec un cours d’anatomie sanglant.
4. Animal Crossing: New Horizons – pêche, insectes et musée

Animal Crossing, c’est LA licence “doudou” de Nintendo :
tu plantes des fleurs, tu discutes avec des animaux en chemise, tu remplis un musée avec des poissons et des insectes.
PETA est arrivée avec un “guide végan pour Animal Crossing: New Horizons” où elle explique :
- qu’il ne faut pas pêcher (les poissons souffrent),
- qu’il ne faut pas attraper d’insectes,
- qu’il vaut mieux ne pas construire le musée puisque ça “enferme” des créatures.
Dans leur logique, même si les poissons sont en pixels, la mécanique normalise l’idée que capturer et exposer des animaux est un hobby innocent.
Ils invitent donc les joueurs à vivre une vie insulaire sans pêche ni chasse aux papillons.
Pour la plupart des joueurs, c’est un peu comme si on accusait Harvest Moon de promouvoir l’exploitation des choux :
on comprend vaguement l’angle philosophique, mais on sait aussi qu’on est dans un univers où la souffrance n’est pas représentée.
5. Mario Kart World : la vache et l’anneau nasal

Dans Mario Kart World, une vache souriante (Cow) fait partie du décor et des personnages.
Elle a un anneau en laiton dans le nez, comme beaucoup de bovins dans la vraie vie.
PETA a écrit une lettre ouverte à Nintendo pour demander de retirer l’anneau nasal :
- selon eux, l’anneau représente un outil de cruauté utilisé pour contrôler les vaches dans les industries de la viande et du lait ;
- même s’il est ici sur un personnage cartoon, ils craignent que ça banalise la souffrance réelle.
Leur argument :
Mario Kart est censé être une escapade légère, pas un rappel des instruments utilisés pour exploiter des animaux.
Ils demandent que Cow soit redessinée sans anneau, pour que la vache reste fun sans porter ce symbole.
Pour les joueurs, la vache était surtout un décor rigolo.
La plupart n’avaient pas réfléchi à la signification de l’anneau ; la lettre PETA, elle, force ce regard.
6. 1‑2 Switch : la traite de vache

Dans 1‑2 Switch, il y a un mini‑jeu où tu trait une vache en mimant le geste avec les Joy‑Con.
Nintendo en fait un moment “champêtre”, très caricatural.
PETA a envoyé un courrier pour dire en gros :
“Ce mini‑jeu donne une image trop idyllique de l’industrie laitière.”
Dans la réalité, expliquent‑ils :
- les vaches sont inséminées, séparées de leurs veaux,
- traites intensives,
- conditions parfois très loin des prairies ensoleillées que montre le jeu.
Ils auraient voulu que le mini‑jeu rappelle cette réalité ou, à défaut, qu’il disparaisse, pour ne pas romanticiser la production de lait.
Dans les faits, le mini‑jeu est resté tel quel.
Mais il a suffi de cette intervention pour que 1‑2 Switch rejoigne la liste “PETA vs Nintendo”.
7. Far Cry 5 : la pêche qui ne passe pas
Far Cry 5 introduit un système de pêche très mis en avant :
tu vas au bord du lac, tu lances ta ligne, tu récupères tes prises, c’est un loisir dans le Montana virtuel.
PETA s’en est mêlée en estimant que :
- même si les poissons sont virtuels,
- le fait de présenter la pêche comme un hobby cool efface la souffrance réelle des animaux dans cette pratique.
Ils critiquent la pêche sportive en général, et le jeu devient une cible logique :
pour eux, ce n’est pas parce que c’est simulé que ça ne porte pas un message.
Les joueurs, eux, voyaient surtout la pêche comme une mécanique de gameplay parmi d’autres, dans un jeu déjà blindé de violence humaine.
Il y a quelque chose d’ironique à ce qu’on s’indigne sur les poissons dans un jeu où on peut faire exploser la moitié du comté.
8. God of War Ragnarök : demande d’un “mode PETA”
Avec God of War Ragnarök, PETA va encore plus loin :
ils demandent un “mode PETA” dans le jeu.
Leur cible particulière : un certain combat contre une créature lupine, très intense, où Kratos et un loup géant se déchirent.
Ils estiment que ce genre de scène montre une violence excessive envers un animal, même mythologique.
Le “mode PETA” serait :
- un mode de jeu où les animaux ne sont pas blessés,
- où les combats contre des créatures seraient modifiés ou retirés.
Dans un jeu où tu passes ton temps à éclater des monstres, des divinités et des géants, l’idée a fait sourire plus qu’elle n’a convaincu.
Mais ça montre jusqu’où PETA va pour intégrer ses préoccupations dans les licences mainstream.
9. Palworld : “Pokémon esclavagistes avec des guns”

Palworld, c’est ce mélange improbable :
des créatures très “Pokémon” dans un univers où tu peux les faire bosser, les capturer, les mettre en usine… parfois avec des armes à feu en prime.
PETA y voit une caricature de ce qu’ils reprochent déjà à Pokémon :
- des créatures réduites à des outils de production ou de combat,
- capturées, enfermées, exploitées.
Ils réagissent avec des contenus et des guides expliquant en quoi Palworld illustre, de manière grotesque, des pratiques qu’ils jugent inacceptables dans le réel.
Sauf que Palworld se présente lui‑même comme parodique, assumant son côté absurde.
Là encore, le décalage est net : les devs jouent avec le malaise, PETA prend le malaise au premier degré.
10. Pokémon Go : “zone amie des Pokémon”

Quand Pokémon Go explose, tout le monde court dans la rue pour attraper des Salamèche devant le supermarché.
PETA décide alors de transformer son bureau de Los Angeles en zone amie des Pokémon :
- zone où “personne ne doit chasser”,
- panneaux “Pokémon aussi ont droit à la liberté”,
- communication expliquant que capturer des Pokémon en réalité augmentée ressemble à enfermer des animaux dans des zoos ou des cirques.
Dans leur discours, utiliser la mécanique de capture dans des parcs, des rues, des lieux publics banalise l’idée qu’on peut “prendre” des animaux sauvages et les garder pour soi.
Les joueurs, eux, voyaient Pokémon Go comme une chasse au trésor numérique, pas une métaphore de capture de tigres.
Mais PETA veut pousser cette lecture symbolique au maximum.
PETA vs jeux vidéo : que faire de tout ça ?

Il y a un point important :
PETA n’attaque pas seulement les jeux pour le plaisir de casser l’ambiance, elle part d’une conviction réelle sur la défense des animaux.
Le problème, c’est souvent :
- le niveau de lecture (symbolique vs réalité),
- et le niveau de choc (parodies gore, accusations très lourdes).
Dans Mario, Animal Crossing, Pokémon et compagnie :
- nous, joueurs, voyons des mondes fortement stylisés, très éloignés du réel ;
- PETA y lit des symboles qui pourraient banaliser des pratiques problématiques.
Ils essaient donc de pousser le curseur en mode :
- “Rappelez‑vous que derrière la viande, il y a des animaux”,
- “Rappelez‑vous que derrière les zoos, il y a des vies enfermées”.
Parfois ça ouvre une discussion (sur la fourrure, la pêche, la viande).
Souvent, ça donne surtout l’impression qu’ils prennent des univers ultra fictifs comme s’ils étaient des documentaires.
De notre côté, ça vaut le coup de garder deux choses en tête :
- On peut aimer nos jeux sans croire qu’ils sont des tutos de torture animale.
- On peut aussi profiter de ces polémiques pour se poser, parfois, une ou deux questions sur ce qu’on trouve normal dans le réel… tout en gardant le droit de rire quand PETA attaque une vache en 3D dans Mario Kart.







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